Pas facile de s’y repérer dans la multitude de choix de gammes de chaque laboratoire. Vous avez bien vu qu’il y avait des différences de prix, mais connaissez-vous les différences entre tous les verres progressifs?
–l’histoire:
C’est, dans les années 50, que Bernard Maitenaz, un ingénieur français, travaille sans relâche pendant une décennie pour créer en 1959 le premier verre progressif. Commercialisé sous la marque « Varilux », cette belle aventure humaine marquera l’histoire de l’industrie française et le paysage de l’optique au niveau international.
Cependant, il faudra attendre les années 80 pour que le « Varilux » connaisse un succés dans le monde entier.
Les années et décennies suivantes, les moyens de calculs ayant fait des progrès considérables, des paramètres de plus en plus nombreux ont pu être pris en considération, et entrer dans l’élaboration des designs successifs : profession, posture, mouvements des yeux et de la tête, monture utilisée, centre de rotation de l’œil, vision binoculaire, œil directeur… pour ne citer que les principaux.
–Fonctionnement des verres progressifs:
Un verre progressif est une géométrie de verre qui permet de corriger la presbytie.
La presbytie est un « vieillissement » naturel de l’œil qui apparaît pour tout être humain autour de 45 ans, et qui se traduit par une difficulté de lecture : la vision rapprochée se trouble.
En présence d’un autre défaut de vision tel que la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme, cette solution optique compense l’ensemble de ces défauts de vision.
Le principe est de réaliser sur un seul et même verre, toutes les puissances nécessaires à la correction de la vision de loin jusqu’à la vision de près, en passant par toutes les distances de vision intermédiaires.
Cela est possible par une augmentation douce et progressive de la puissance du verre entre le haut et le bas du verre : d’où le nom de « verre progressif ».
Le passage d’une distance de vision à une autre se fait naturellement, en douceur, sans rupture.
Il n’y a pas de marque sur le verre comme sur un verre « double foyer ».

Le fait d’avoir plusieurs corrections sur un même verre entraîne des aberrations chromatiques. Ce sont les zones de flou représentées en vert sur le shéma ci-dessus.
En 50 ans, énormément de progrès ont été réalisés, comme la compaction du couloir de vision intermédiaire. Grâce à celà, moins de mouvements de tête sont nécessaires. Cela permet de gagner en comfort de port et permet de monter les verres sur des montures beaucoup plus petites.

Les zones de champs que ce soit en vision de loin, intermédiaire ou de près ont été augmentées.
Les plaintes, les plus entendues, des porteurs de verres progressifs sont:
– la sensation d’être dans un bateau, que l’on appelle les effets de tangages.
– le sentiment d’avoir une vision restreinte.
-aujourd’hui: la technologie Freeform pour les verres progressifs.
Le freeform permet de répondre aux plaintes des porteurs.
Pour réaliser un verre progressif avec cette technologie, on part d’un semi-fini dont la face frontale est sphérique. Puis, on usine toute la prescription (sphère, cylindre, axe, addition et prisme) sur la face arrière. D’ailleurs, elle est aussi utilisée pour réaliser des verres unifocaux asphériques de haute performance.


La surface progressive d’un Freeform est calculé et usinée pour chaque puissance prescrite. Ainsi, on peut optimiser le design pour obtenir une performance idéale à chaque prescription.
Dans le cas de ce type de verre, le calcul est très différent de celui d’un verre classique. En effet, il s’agit cette fois de calculer en temps réel, une surface optique complexe capable de corriger l’ensemble de la vision du porteur (vision de loin, vision de près, vision latéral,…).
Dans un verre classique ce calcul est réalisé par un « Designer ». Il s’agit généralement d’un mathématicien ou d’un physicien de très haut niveau. Celui-ci définit une fois pour toute, la surface de tous les semi-finis et des moules qui permettront de les mouler.
Pour un Freeform, le programme de calcul doit réaliser en automatique les mêmes choix que ceux du Designer. Il doit être capable de choisir le meilleur compromis pour résoudre chaque cas individuel.
-La personnalisation:
Il est, du coup, possible de modifier pour chaque porteur certains paramètres de la géométrie progressive. Ainsi, on peut modifier la longueur du couloir de progression (entre 14 et 20 mm par exemple) pour s’adapter à la hauteur de montage ou aux besoins du porteur. On peut modifier la géométrie progressive pour privilégier la vision de loin ou la vision de près en fonction de son style de vie. La prise en compte de la distance de lecture souhaitée par le client est également possible. Pour les porteurs qui on des difficultés à converger, on peut adapter l’angle de convergence en vision de près. Les possibilités sont infinies…
-l’adaptation aux verres progressifs:
Une bonne adaptation aux verres progressifs dépend :
- de la qualité des verres choisis (comme vu précédemment)
- de la qualité de la prestation de votre opticien : en particulier, la qualité de prise de mesures et de centrage des verres est essentielle pour une bonne adaptation.

Lors du montage,en horizontal, il faut bien respecter les demi écarts pupillaires. Le demi écart pupillaire étant l’écart entre le milieu du nez et le centre de votre pupille.
Sur le plan vertical : la hauteur de centrage est la plus importante ! des verres progressifs centrés trop haut ou trop bas sont difficiles voire impossibles à utiliser.
En effet, un verre centré trop haut vous positionnera dans la vision intermédiaire lorsque votre regard se portera au loin. Votre vision au loin sera alors brouillée.
Si, au contraire, le verre est monté trop bas, vous aurez du mal à atteindre la vision de près.
Découvrez la révolution du verre progressif!
